CATECHESE SUR LA GUERISON DES TRAUMATISMES
Les gens sont dans une quête permanente de secours
Le mois d’octobre a commencé avec un regard sur la guérison des traumatismes. Le sujet a été porté à l’attention de fidèles chrétiens de l’Archidiocèse de Ouagadougou par le responsable de la Commission diocésaine de la pastorale de la santé, l’Abbé François NARE, afin que tout un chacun réalise l’ampleur des traumatismes sur sa vie, pour apprendre à y remédier selon les prescriptions de l’église.

Pendant la période du 2 au 4 octobre, toutes les Communautés chrétiennes de base (CCB) ont été invitées à observer un triduum de prières, en formulant comme intention du chapelet ou du rosaire, la guérison des traumatismes. Deux paroisses ont abrité la catéchèse sur le sujet, notamment celle de Saint Augustin de Bissighin et de celle de la Cathédrale de l’Immaculée Conception où ont été ajoutées en plus de la récitation du rosaire, l’écoute et la confession des malades, une conférence sur la guérison des traumatiques, l’onction des malades, l’adoration et l’intercession et la célébration eucharistique. Le sanctuaire marial de Yagma qui a abrité le pèlerinage de la CODIPASA le 6 octobre a aussi accueilli la catéchèse au bénéfice des pèlerins.

Les préparatifs et l’organisation de la catéchèse et des prières à l’église de Bissighin ont permis d’attirer un grand monde le 2 octobre, qui a pris part à toutes les composantes du programme du jour dans la ferveur générale.
A la Cathédrale de l’Immaculée Conception par contre, les concertations entre le comité d’organisation et le curé n’ont pas bien abouti sur des précisions permettant une conduite apaisée de la soirée du 4 octobre, ce qui a laissé un impact sur le programme. Le sacrement de pénitence a eu lieu ainsi que la messe, l’adoration et l’onction des malades. Une partie des personnes arrivées à l’heure pour le rosaire a dû faire la prière individuellement. Le groupe réduit de la CODIPASA s’est retrouvé hors de l’église pour réciter le rosaire avec quelques fidèles. Cette prière intervenue tard n’a pu être terminée sur place, chacun devait la compléter plus tard.
Savoir se confier à Dieu quand on se re trouve sans issue
La paroisse cathédrale n’ayant pas de comité CODIPASA, l’orientation n’était pas aisée, et le début de cette soirée consacrée à la guérison des traumatismes a accusé du retard, mais dès que la conférence animée par l’Abbé François de Sales NARE sur le sujet a été lancée de façon participative et active, les échanges étaient des plus nourris et vivants.

A la question de savoir comment définir le traumatisme et comment en guérir, les réponses ont permis de comprendre que chacun vivait un traumatisme, et l’on se bousculait au portillon pour prendre le microphone. Les différentes définitions proposées, discutées, et les solutions individuelles trouvées, l’essentiel avec lequel chacun est reparti est que des gens naissent avec certaines blessures, d’autres sont provoquées par des tiers, ou par les concernés eux-mêmes. Non soignées les blessures internes et les traumatismes peuvent provoquer des ulcères, se développer en cancer et causer la mort.

Dans les situations où les blessures et traumatismes surviennent au cours des relations avec les autres, la première chose à faire est de chercher la réconciliation directe ; au besoin il faut recourir à une personne que l’on sait digne de confiance, et au besoin, à sa communauté. Si à ce niveau aussi le pardon et la réconciliation s’avèrent une quête vaine, il faut se dire que l’on est confronté à un cas de mécréance.
Dans bien de situations, c’est le cœur qui parle, le dernier recours est de déposer ses traumatismes au pied de la croix. Des participants sont repartis avec le ressentiment d’un temps trop bref qui ne leur a pas permis de dire tout ce qu’ils avaient à dire.
La rencontre du 4 octobre à la cathédrale a démontré un besoin réel d’échanges entre les fidèles et des prêtres qui pourraient les éclairer sur les questions de santé relatives aux traumatismes. La bousculade pour l’onction d’huile, et les questions qui revenaient à la fin de la soirée s’apparentaient à de la supplication.

Certaines personnes de la paroisse cathédrale et d’autres venues de la paroisse de Komsilga notamment en redemandaient à travers des questions et des confidences : « Quand l’Abbé reviendra-t-il ici ? Comment pourrait-on le faire revenir pour nous entretenir sur le sujet ? Ce que telle dame a raconté est mon histoire et je vous confie que je souffre » …

Bref, chacun voulait reprendre son intervention ou vider tout ce qu’il portait intérieurement, et qui était cause de souffrances certaines indicibles jusqu’ici. Tous trouvaient en cette occasion d’aide par la Parole de Dieu une oreille attentive, et un confident sûr qui ne jugeait pas.

La même chose peut être dite du groupe de pèlerins qui a pris part à la conférence au sanctuaire marial de Yagma, qui échangé avec l’Abbé François de Sales NARE, preuve de la pertinence et du bienfondé de ce genre de rencontres. Elles donnent à voir l’ampleur des maux dont souffrent les gens : des douleurs qui ne sont pas que physiques, mais surtout intérieures chez des personnes qui sont dans une quête permanente de secours.
Françoise KABORE.


