LA TENTE A MARIE BENIE PAR MONSEIGNEUR PROSPER KONTIEBO A L’HOPITAL PAUL VI
La Tente à Marie achevée
Le jour de la solennité de Pâques, la Tente à Marie a été bénie par l’Archevêque métropolitain de Ouagadougou, Monseigneur Prosper KONTIEBO. Il était entouré du père rédemptoriste Etienne OUEDRAOGO, de l’aumônier diocésain de la Pastorale de la santé et de l’hôpital VI, l’Abbé François de Sales NARE .
La bénédiction a été faite en ces termes:
Prions le Seigneur
Nous te bénissons Seigneur Dieu
Toi au-delà de tout avant que le monde fût créé
Tu as établi tu as établi le Christ principe et fin de l’univers et dans le mystère de ta sagesse
Tu lui as adjoint la Vierge Sainte
Pour qu’elle soit la mère de ton fils et son associée
L’image et le modèle de l’église, notre mère à tous et notre avocate.Elle est la femme nouvelle qui a préparé la ruine causée par Ève par elle
Elle est la fille de triomphe qui a joint sa supplication aux gémissements des prophètes
Avant d’accueillir dans son cœur l’espérance d’Israël
Elle est la servante humble et pauvre de qui est sorti le soleil de justice
Ton fils Jésus Christ notre Seigneur.
Père Saint, nous te supplions humblement
Vois tes fidèles rassemblés devant l’icône de la Vierge MarieInvoquée sous le nom de Notre Dame du Perpétuel Secours
Que soit gravée dans leurs cœurs
L’image que leurs yeux contemplent et qu’ils trouvent toujours en Marie une protection
Qu’elle les aide à garder une foi solide, une espérance ferme
Une charité active et une humilité sincère.Qu’ils trouvent grâce à elle, la force dans la douleur
La dignité dans la pauvreté
La patience dans l’épreuve
La sérénité dans le succès.
Qu’ils soient des ouvriers de justice, des bâtisseurs de paix
Qu’ils parviennent enfin à la cité du ciel où la Vierge Marie intercède.Mère et souveraine.
Par le Christ Notre Seigneur.
Amen.
Soutenue par une foule de fidèles parmi lesquels un groupe de dévots à Notre Dame du Perpétuel secours ainsi que des religieux et religieuses, la cérémonie sobre mais ô combien captivante avait son pesant de spiritualité : chants prières introductives, La Parole, ont su plonger le monde assemblé autour de la tente à Marie dans une communion spéciale avec la Sainte Mère.
Elle est achevée, la Tente à Marie. Enfin. Une vraie merveille nichée sous les arbres en profondeur du côté ouest de l’hôpital Paul VI, dans l’espace de l’Aumônerie Saint Paul VI. Le chef d’œuvre est juste irrésistible à tout regard qui se promène en direction de la tente. Même quand on ne s’y rend pas pour prier, les yeux ne s’en détachent pas tout de suite, car le symbole de la propriétaire des lieux est magnifique.

Ce symbole est celui de la Sainte Vierge et de son fils à travers une belle et saisissante image qui frappe déjà sur deux points : un regard qui vous suit quel que soit l’angle d’où on l’observe ; un enfant dérangé terrifié par quelque chose, mais fermement tenue contre le sein gauche de sa mère (contre son cœur) d’un bras protecteur, et la mère tenant de façon rassurante la main de l’enfant de sa main droite à elle.
Sur l’enfant (ICXC – Jésus Christ et la Mère (PM -Mère de Dieu) sont les archanges Michel le vainqueur du diable à gauche et l’Archange Gabriel le messager Céleste qui semblent faire voir à l’enfant ce qui le terrifie.
Cette saisissante image plonge dans le recueillement et indique aussi le besoin de secours si approprié pour décrire la Sainte Vierge dans son rôle de perpétuel secours. C’est l’hôpital Paul VI encore connu comme l’hôtel Dieu qui a ce privilège de l’avoir dans son Aumônerie Saint Paul VI, majestueusement abritée sous une tente originale.
Sa conception est basée sur la culture locale. De la créativité en somme, alliant inspiration divine et inculturation, mettant en valeur la calebasse, un des récipients ménagers traditionnels qui servent à garder les provisions, à puiser dans les réserves de provisions. Dans la vie traditionnelle, les femmes ont toujours la calebasse à portée de main. Les hommes aussi, surtout quand ils sont en déplacement l’ont avec eux, enfouie dans leur sac ; ils s’en servent pour y verser de la boisson, étancher leur soif, pour y mettre de la nourriture. Bref, dans la tradition, un des rôles de la calebasse est de recueillir ou contenir les dons et les provisions.
L’Aumonier de l’hôpital Paul VI, l’Abbé François de Sales NARE et initiateur de la Tente à Marie a déjà expliqué le sens de la calebasse : « La calebasse a une grande signification culturelle dans notre milieu. Récipient qui recueille la subsistance telle que la farine et l’eau, elle fait écho à ce dicton : « Biig tar ma a tar zoom », ce qui signifie en français que l’enfant qui a une mère peut disposer de nourriture quand il le veut. La calebasse renvoie aussi à la mendicité « bonsgo, bons wamde », et notre recours à Marie pour qu’elle intercède en notre faveur ; Marie qui obtient de son Fils des grâces pour les frères et sœurs souffrants et qui les lui demandent ».
Il explique en plus que « nous approchons de notre Seigneur et notre Dieu, Médecin des corps et des âmes par notre maman Marie, avec une calebasse vide de quelque chose (la santé, la foi, la maternité, la paix, la force, le courage dans la mission à l’hôpital Paul VI auprès des malades, etc…). Notre Dame du Perpétuel Secours saura nous les obtenir de Dieu par son Fils Bien aimé Jésus-Christ comme aux noces de Cana en Galilée.
Ce haut lieu de prières en forme de calebasse est tout simplement attrayant. Provision et recueil de dons semblent être les maître-mots au niveau de la Tente à Marie, offerte à tous ceux qui s’y rendent ; ils y trouveront un endroit accueillant et recueillant pour prier et présenter leurs demandes à la sainte mère, pour repartir avec leurs calebasses pourvues.
Saint Bernard nous conseille aussi d’invoquer Marie en ces termes :
« Invoque Marie.
Il n’y a pas de maux qu’elle ne puisse guérir.
Il n’y a pas de ténèbres qu’elle ne puisse dissiper.
Il n’y a pas de détresse qu’Elle ne puisse secourir. »
Tout le monde sera alors servi ici par celle qui est considérée comme le Chemin de Dieu. Dispensatrice universelle de toutes les grâces de Dieu, trésorière de Dieu, le chrétien la considère comme Celle qui sait jeter son regard de bonté sur ceux qui sont dans la souffrance et luttent contre les difficultés et les tribulations diverses de la vie. Avec toute la grâce divine dont elle est comblée, la Sainte Vierge connait bien les voies de la sainteté et de l’amour.
La tente à Marie qui est surélevée du sol avec cinq formes de calebasses visibles à moitié ou entièrement est entourée de poteaux en béton armé recouvert d’un toit doré avec la croix sur la cime. Les grandes formes des deux calebasses où trône l’icone de Notre Dame du Perpétuel Secours sont placées sur un socle en béton armé également, et surplombant la Terrace destinée à accueillir les priants.
La réalisation de ce chef-d’œuvre a reçu l’approbation verbale du Cardinal Philippe OUEDRAOGO. La pose de la première pierre est intervenue le 29 mai 2022, après la célébration eucharistique de la clôture du jubilé d’argent de l’aumônerie présidée par Monseigneur Thomas KABORE, évêque émérite du diocèse de Kaya. La fondation de l’œuvre fut réalisée le 15 avril 2023.
Entre la pose de la première pierre et l’achèvement des travaux, en avril 2025, il s’est écoulé 3 années. Un temps relativement long, à cause de la mobilisation lente et modeste des ressources financières et matérielles, et les coûts évolutifs des matériaux. Les prévisions initiales qui étaient d’environ 10, 7 millions de francs CFA ont été pulvérisées à cause des modifications faites pour rendre la tente plus solide (poteaux en béton armé au lieu de mats de fer, toiture). Le coût réel actuel de la réalisation de la tente est de 17 443 500 francs. De ce montant requis, 15 295 000 francs ont été mobilisés et donc un manque à gagner de 2 148 500 francs.
Mais qu’à cela ne tienne, l’initiateur indique, « A présent, nous disposons désormais d’un haut lieu spirituel qui, à moyen terme deviendra pour les employés et les usagers de cet Hôtel Dieu qu’est l’Hôpital Paul VI, un haut lieu de spiritualité visible, attrayant, maternant et propice à la méditation et à la prière ».
Françoise KABORE.




